Mot de passe

Mahrez Rabia Invité pour Dounia FM
Mahrez Rabia est l'invité de Dounia FM. Animateur vedette de la télévision et de la radio Algerienne sur Canal Algerie ou sur la Chaine 3, il répond aux questions de Karim Choubane
Karim Choubane : Bonjour Mahrez
Mahrez Rabia : D’abord Hello a DOUNIA FM et a tous ces auditeurs, et merci Karim de m’avoir invité à cette entrevue.
KC : Nous venons d'apprendre que le Premier Ministre Ahmed Ouyahia annonce l'ouverture prochaine du champ audiovisuel à des médias lourds en Algerie...Quelle a été ta première réaction Mahrez?
Mahrez Rabia : Ma première réaction était quelque peu partagée. Je dois avouer que j’ai ressenti d’abord un agréable sentiment de soulagement, ce qui reflétait le mieux ce sentiment serait l’expression « ENFIN », enfin de la concurrence, enfin des objectifs, enfin la professionnalisation de notre corps de métier et enfin de la qualité.
J’ai juste l’espoir qu’avec cette ouverture les médias Algériens puissent évoluer vraiment, public ou privé le plus important est que l’on fasse de la qualité, et que l’on bannisse la médiocrité de nos écrans et de nos transistors, et que l’on arrête le copinage.
Qu’on améliore les conditions de travail pour les acteurs des médias et que l’on puisse enfin proposer des produits de qualité à nos publics.
KC : Mahrez tu as quel age? tu vis ou? quel est ton parcours professionnel?
Mahrez Rabia : j’ai 26ans, je vis à Alger, je suis bougiote de mes deux parents, mais j’ai grandi à Alger, j’ai eu un parcours des plus atypique :
Je suis entré à la radio à l’âge de 18ans, j’avais participé à un concours d’animateurs lancé par la chaine3, j’ai été par la suite Reporter pour le pôle culturel, puis animateur producteur.
En 2005 j’ai rejoint Canal Algérie, là je suis devenu présentateur de la matinale « BONJOUR D’ALGERIE ». En 2007 j’ai rejoint Radio Algérie Internationale, nouvelle chaine nouvelle aventure et ensuite j’ai décidé de quitter Alger et de partir reprendre mes études en France, là j’ai été à l’école supérieur de journalisme de Paris.
Étant installé en France je me suis retrouvé fin 2007 journaliste pour une petite chaine du cable DIRECT8 ou j’ai passé une année, puis je suis allé a i-télé.
J’ai décidé de rentrer en 2009 à Alger ou j’ai repris en tant que présentateur producteur sur Alger Chaine 3 et Présentateur de la MATINALE de Canal Algérie, en plus des cérémonies et des voix off pub.
KC : Tu es un enfant de la télé ? de la radio? tes emissions radios ou télés preferees dans ta jeunesse?
Mahrez Rabia : Je dirais que je suis un enfant de la radio qui aime la télé, la radio m’a tout appris, c’est la radio qui m’a formé. la télé m’a permis de faire des interviews et de rencontrer beaucoup de personnalités.
Mes émissions préférées ? J’ai grandis comme beaucoup avec la parabole, les années 90 en Algérie c’était école maison, ni parcs ni vacances ni sorties, fallait juste s’enfermer a l’époque.
Ma jeunesse c’était Dechavane, Nagui et tant d’autres.
KC : Parle nous de tes débuts sur la Chaine 3 et comment pourrais tu donner envie à des jeunes Algeriens de se lancer dans le média radio?
Mahrez Rabia : Mon aventure à la radio a débuté un jour de juillet 2003, un peintre refaisait la peinture de notre cuisine, le problème était que je passais la journée à discuter avec lui, lui ralentissant le travail, et faisant perdre de l’argent à mes parents, du coup, ma mère est entrée un jour dans la pièce et m’a dit « au lieu de parler dans le vide, va à la radio, y’a un concours, c’est mieux pour toi…….. »
Voilà comment je me suis retrouvé à la chaine 3, sans piston et sans connaitre personne, mais j’ai bien trimé par la suite, j’ai fait du reportage à en mourir, matin midi et soir, avant nous avions le fameux NAGRA un gros appareil d’enregistrement, de 17kg, on devait faire du montage sur des MAG qui n’existent presque plus aujourd’hui, quand j’y pense ça me fait sourire, j’ai travaillé dans plusieurs émissions en tant que Reporter, jusqu’au jour où l’on m’a donné ma chance pour présenter la météo.
Tu sais karim ! La radio a beaucoup changé, avant pour te retrouver au micro fallait te tuer a la tâche, reportage, enregistrement de la voix, fallait bosser comme un malade en attendant le jour où on te donne ta chance,
De nos jours, c’est le laxisme qui l’emporte, la nouvelle génération voit la radio comme un moyen de devenir une star : donc le message que je pourrais passer aux jeunes est et très simple : soit t’aimes ce métier et tu l’as dans les tripes à ce moment-là tu t’y lances a deux cent pour cent et tu ne fais que ça, tu en fais ta vie, tu penses radio, tu manges radio, tu vies radio…… mais si c’est juste pour devenir une star : c’est juste pas la peine…..la radio ne nourrit pas son homme, les salaires sont très bas, et les places sont chers.
KC : Si tu devais choisir entre la télé et la radio, lequel média choisirais tu?
Mahrez Rabia : Je ne pourrais être ce que je suis aujourd’hui sans ces deux médias réunis, donc si le choix devait se poser, je quitterais les deux pour ne pas avoir à faire l’un sans l’autre.
KC : Quels ont été tes meilleurs souvenirs sur la chaine 3 et Canal Algerie ?
Mahrez Rabia : Ma carrière est encore trop courte pour que je puisse répondre à cette question, chaque jour est un souvenir fabuleux du moment où je fais ce que j’aime.
KC : Tu a presenté de nombreuses emissions musicales, rencontré de nombreux artistes Algeriens, quel est celui qui t'a le plus impressionné?
Mahrez Rabia : J’en ai rencontré tellement, qu’il me serait difficile de répondre à cette question aussi, Je pourrais évoquer quelques-unes de mes rencontres :
La plus courte interview de ma courte carrière aura été avec WARDA el djazairia 30 secondes avant sa montée sur scène au festival de DJAMILA.Amadou et Mariam jolie rencontre a Batna, Khaled, peut-être l’interview de Mami, nous avons étés le premier média a l’avoir eu après sa sortie de prison.
KC : Ta personnalité est maintenant connu et apprécié par des millions d'Algeriens, est ce que ça t'a monté un peu à la tête?
Mahrez Rabia : Je ne pense pas que ça puisse me monter à la tête pour la simple raison, qu’il n’ya aucune raison pour, je ne suis que journaliste, ni comédien, ni chanteur, ni homme politique ni même artiste, juste journaliste, mon rôle est avant tout de divertir, d’informer mais surtout de mettre en avant ceux qui font l’actualité.
Je suis de nature très timide et ce métier m’a fait perdre plus d’amis qu’autre chose, donc je m’introverti de plus en plus, plus j’avance, plus ma notoriété monte et plus j’ai peur de sortir et d’affronter le regard des autres…..je pense ne pas avoir la grosse tête, après c’est peut être les gens qui m’entourent qui pourraient le mieux répondre à cette question.
Mais encore une fois, il n’ya pas de raison que l’on puisse perdre la tête dans ce métier, ayant des salaires de misère.
KC : Peux tu nous parler aussi de tes experiences à l'etranger sur d'autres medias? et qu'est ce que ça t a apporté ?
Mahrez Rabia : Travaillé pour Direct8 ou pour i-télé aura été une grande expérience pour moi, tout journaliste rêverait de jouer dans la cour des grands, de là on apprend beaucoup, ça m’a grandi pour ma part.
Chez Direct 8 j’avais commencé à la photocopieuse, puis un jour on m’a permis de prouver ce que je savais faire, j’ai tourné une centaine de reportages que je garde précieusement, puis un jour, on m’a proposé de présenter le JT du weekend mais en voix off, et ce fut l’un des plus grands moment de ma courte carrière, un Algérien venu d’Alger, a peine 24ans, et je me retrouvais à présenter un journal, alors que quelques mois auparavant je n’avais même pas de quoi manger ni le midi ni le soir.
En rentrant je savais que je ne revivrais plus aucune expérience similaire, par manque de moyens, nous vivons dans un pays ou la télé et la radio sont marginalisés, on nous donne peu de moyens et on nous demande de faire des prouesses.
J’ai eu plusieurs propositions par la suite, en Tunisie et au Maroc, mais je n’ai plus eu le courage de repartir d’ici, j’avais l’espoir qu’un jour les médias s’ouvrent enfin et que l’on puisse s’exprimer avec des équipes vraiment professionnelles, et avec de gros moyens « et je pense bien que ce jour va bientôt arrivée ».
KC : Tu as silloné toute l'Algerie, il y a t il des villes des regions que tu aimes plus que d'autres?
Mahrez Rabia : Comme beaucoup j’aime le sud, j’ai passé 15 jours a TAGHIT pour le tournage de la matinale à partir de là, j’ai franchement adoré.
KC : Mahrez, l'Algerie va fêter les 50 ans de son indépendance, que cela représente pour toi ?
Mahrez Rabia : D’abord le long combat de nos martyrs et de nos grands-parents pour notre indépendance et pour notre liberté.
J’ai une pensée particulière et une admiration absolue pour ceux qui ont combattus la barbarie de cette France coloniale qui l’est toujours à mes yeux.
Nous sommes le peuple de tous les combats, nous devons continuer à rester unis, avec notre identité, mais le flambeau doit passer à notre génération, que l’on puisse enfin prouver que nous aussi nous pouvons réussir à bâtir une Algérie plus forte encore bâti sur les fondements de nos aïeux.
KC : Ton actu medias et tes projets pour les mois qui viennent?
Mahrez Rabia : La matinale sur Canal Algérie : les Mercredi, Jeudi et Vendredi de 8h a 9h30.
En radio : je reprends mon magazine : 17-19 Le MAG, l’actu en mode moins lourd, un mélange entres musique et actu politique, économique, culturelle, etc. du dimanche au mercredi de 17h a 19h.
Je suis en train de monter une petite start-up qui va se spécialiser dans la production tv.
Puis je viens d’avoir une proposition pour enseigner a l’esj Paris pour de courtes sessions entres Casablanca, Paris et Alger.
Voilà tout.
KC : Nous avons lancé la premiere application mobile radios musicales Algeriennes Dounia Fm, nous serons candidat pour une grande radio musicale en Algerie. Avec toutes les radios de la radio Algerienne qui remplissent parfaitement leur mission de radio de service public comment imagines tu à l'avenir le champ média radio en Algerie et surtout les erreurs à ne pas commettre?
Mahrez Rabia : Je suis heureux de voir que des personnes comme toi avec autant d’idées et de passion pour ce métier investissent enfin en Algérie, je suis sure que la réussite vous sourrira. Je ne peux qu’imaginer un bel avenir pour les médias avec l’ouverture.
Je souhaiterais juste qu’on fasse appel aux gens compétents, que l’on se base sur les chiffres, que l’on crée de la concurrence et que l’on arrête la médiocrité,
Les erreurs a ne pas commettre sont simple : pas de copinage et l’investissement à long terme, que l’on pense enfin au public et non a juste plaire aux décideurs quelques soit le domaine : divertissment ou info.
Que l’on donne la chance aux jeunes.
KC : Qu'est ce qu'il ecoute Mahrez en ce moment, qu'est ce qu'il lit Mahrez?
Mahrez Rabia : il écoute Radiohead, coldplay et massive attack. Il lit NINA BOURAOUI « mes mauvaises pensées ».
KC : Tu es doué tu as du talent, penses-tu produire à l'avenir des emissions sur les médias Algeriens?
Mahrez Rabia : Merci pour le compliment, mais je pense que j’ai beaucoup a apprendre.
Mais comme je l’avais dit, je travaille sur une nouvelle structure qui porte un nom évocateur LA FABRIK, j’ai déjà deux projets d’émissions tv de divertissements ou l’ont risque de surprendre.
Je souhaiterais relancer une émission qui marche super bien, mais qui est peu apprécié par mes chefs, EMBOUTEILLAGE, nous faisons beaucoup de chiffre quand nous la faisons, mais certains de mes patrons ne l’aiment pas, car ça parle des bouchons et du trafic certes mais ça parle de vie privé et du quotidien de l’Algérien lambda, je suis sure qu’un jour je quitterais la chaine3 pour aller vers un canal privé que pour relancer cette machine qui fait sensation a chaque fois qu’elle est sur les ondes.
KC : As tu un message special à delivrer à tout les Algeriens?
Mahrez Rabia : Éclatez-vous…….soyez vous-même, et vivez vos passions. Rien n’est impossible.
KC : Mahrez Rabia, nous te remercions
Mahrez Rabia : Merci du fond du cœur Karim, et longue vie a DOUNIA FM.